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Après que Jésus eu pris sur lui tout les péchés du monde par les mains de Jean le baptiseur, lors de son baptême dans le Jourdain (Matthieu 3.15) au début de son ministère. Il arriva vers la fin de son oeuvre qu'il dit:
Père, pardonne-leur...(Luc 23. 24)
Le dialogue ce vendredi matin était amer.
Les badauds: «Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix!»
Les chefs religieux: «Il a sauvé les autres, mais il ne peut se sauver lui-même!»
Les soldats: «Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même».
Paroles amères, acides. Sarcasmes haineux et dédaigneux. Comme s'il ne suffisait pas qu'il soit condamné comme un criminel et crucifié! Comme si les péchés qu'il pris sur lui n'était pas asser lourd, la flagellation avait été trop courte, la couronne d'épines trop douces, les clous pas assez douloureux!
En réalité il en était ainsi aux yeux de certain.
L'apôtre Pierre dit que les passants l'injuriaient dans le but de le blesser et de le meurtrir. «Nous lui avons brisé le corps, maintenant brisons-lui l'esprit"» Ils tendirent les arcs de leur propre justice et décochèrent des flèches empoisonnées.
De tous les comportements observés auprès de la croix, c'est celui qui m'irrite le plus. Quels genres de personne, je me le demande, se moqueraient d'un mourant? Comme il est monstrueux de verser le sel du mépris sur les plaies ouvertes! Quelle méchanceté de ricaner de quelqu'un qui souffre! Qui oserait rire d'un criminel ayant le noeud coulant autour de cou?
Satan et ses démons, soyons-en certains, étaient à l'origine d'une telle ignominie.
Alors le criminel attaché à la deuxième croix lance son dard à lui.
«N'es-tu pas le Christ? Sauve-toi toi-même et sauve-nous!»
Ce jour-là toutes les paroles adressées au Christ avaient pour but de le blesser. Il n'y a pas plus douloureux que des paroles destinées à blesser. C'est pourquoi l'épître de Jaques compare la langue à un feu. En effet, les brûlures qu'elles infligent sont aussi destructrices que celles d'un chalumeau.
Je ne vous apprends rien. Sans aucun doute avez-vous subi votre lot de paroles blessantes. Vous avez ressenti le dard d'un quolibet bien décoché, et peut-être le sentez-vous encore. Un être cher ou quelqu'un que vous respectez vous a terrassé d'une insulte ou d'un mot mal choisi. Vous êtes comme étendu au sol, blessé et ensanglanté. Que les mots aient été prononcés dans le but de vous blesser ou non, peu importe. La blessure est profonde, les lésions graves: un coeur brisé, de l'orgueil froissé, des sentiments écorchés.
Peut-être votre blessure ne date-t-elle pas d'hier. Le trait a beau être retiré depuis longtemps, la pointe de la flèche est toujours là, cachée sous votre peau. De temps à autre le souvenir de paroles dures et jamais pardonnées réveille de façon imprévisible une souffrance déjà ancienne.
Si vous avez souffert ou si vous souffrez encore de cette façon-là, vous serez heureux de savoir qu'il existe un baume pour apaiser votre douleur. Méditons les paroles de 1 Pierre 2.23:
Lui qui, injurié, ne rendait point d'injures
maltraitées, ne faisait point de menace, mais
s'en remettait à celui qui juge justement.
Voyons-nous ce que Jésus ne faisait pas? Il ne rendait pas la pareille. Il ne faisait pas ravaler l'insulte. Il ne répliquait pas: «Viens ici et dis-moi ça en face! Attends à la résurrection et tu verras! Je t'aurai!» Non, à aucun moment de telles paroles ne se trouvèrent sur les lèvres de Christ.
Voyons-nous ce que faisait Jésus? «Il s'en remettait à celui qui juge justement.» En d'autres termes, il laissait le jugement à Dieu. Il ne cherchait pas à se venger. Il ne réclamait même pas d'excuses. Il ne prenait pas un détachement de police pour se défendre. Contre toute attente il prit la défense de ses agresseurs: «Père, pardonne leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font.» (Luc 23.34)
Certes le dialogue était amer ce vendredi-là. Les paroles lancées contre lui avaient pour but de lui faire mal. Je n'arrive pas à comprendre comment Jésus pouvait parler en faveur de ces brutes sans coeur, lui dont le corps n'était que douleur, dont les yeux étaient aveuglés par son sang et dont les poumons cherchaient désespérément de l’air. Jamais je n'ai vu un tel amour. Si jamais une personne méritait une possibilité de revanche, ce fut Jésus, mais il ne s'en prévalut pas. Au contraire, il mourut pour ses ennemis. Comment fut-ce possible? Je l'ignore. Par contre, je sais que désormais mes blessures me semblent indolores et mes rancunes et ma dureté de coeur infantile.
Parfois je me demande si l'amour de Christ ne se reflète pas autant dans les personnes qu'il a supporté que dans les souffrances qu'il a endurées.
Max Lucado - (retoucher par Emmanuel M.)
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